L'horloge Jean de Pierre Favresse

Le fauteuil Cocon, première édition de Super-ette; imaginé par les M

nous sommes tous ensemble dans la même aventure , et il n'y a aucune raison de ne pas se soutenir !

 

Quel est le modèle de Super-ette ?

Je suis fan de Vitra. Je veux être Vitra quand je serais plus grande! (rires) J'adore la mentalité de cette marque, cette maitrise du moindre petit détail, le parti pris de construire sa propre usine et d'y faire intervenir des architectes majeurs. Le site de Weil Am Rhein est incroyable. Vitra fait appel à des talents extraordinaires pour réaliser chaque chose, et reste fidèle aux signatures avec lesquelles ils ont décidé de collaborer..

 

Quels sont vos projets ?

Un banc en bois, garni, très simple et très intelligent, imaginé par la designer belge Diane Steverlynck. Des tables basses avec Elium Studio. Les autres projets de Ionna Vautrin sont en préparation, et la première collection Super-ette sera lancée en Janvier pour le salon Maison et Objets . Un baptême commercial en quelque sorte!

 

www.super-ette.com

 

 

 

Êtes-vous régulièrement contactée par de jeunes designers ?

Je reçois beaucoup de projets : de jolies propositions, d'autres déjà vues, certaines qui sont intéressantes mais pas adaptées à Super-ette. Il y a des gens qui proposent des choses non éditables en moyenne ou grande série, relevant plus des concepts ou des projets de galerie. Parfois les designers ne comprennent pas, à moi de leur faire passer ma vision et les contraintes inhérentes aux produits de consommation courantes.

 

Parlons de votre actualité : vous présentez deux créations à l'exposition Nouvelle Vague...

Oui, la lampe de Ionna Vautrin , Forêt Illuminée, et l'horloge Jean imaginée par Pierre Favresse. Ionna et Pierre sont de très belles rencontres, nous avons d'autres projets.

 

Avez-vous l'impression de faire partie de cette Nouvelle Vague ?

Oui, même si j'habite au Luxembourg, je fais partie de ce mouvement et je suis fière. Les designers, les jeunes maisons d'éditions,

 

Quelle vision du design prônez vous ?

Le design accessible, dans le sens non élitiste du terme. Mes pièces se comprennent très vite. Notre fauteuil par exemple est immédiatement accessible, il ne se prend pas forcément au sérieux. Je préfère faire un objet qui va être vu par des gens qui ne connaissent pas le design que de produire une table très chère qui trouvera sa place chez une minorité. J'aime aussi les choses narratives. Quand j'ai vu l'horloge Jean, j'ai dit oui tout de suite. Elle était pourtant loin de ressembler à sa version finale, mais cette métaphore du temps emprisonné m'a immédiatement séduite !

 

Vous ressentez cet intérêt pour le design ?

Les professionnels du design voient l'intérêt naître chez les consommateurs. En période de crise, le design apparaît comme un petit plaisir plus accessible que l'Art. Un supplément de culture fonctionnel qui fait la différence.

 

 utilité... Je ne pensais pas au départ en faire un métier, mais après mon expérience sur des pièces uniques, la production en grande série m'a titillé… et puis un jour, je me suis lancée. Une envie de mettre les mains dans la machine et de proposer ma vision de l'art de vivre ! C'était un peu gonflé de créer une maison d'édition au Luxembourg car j'étais tout simplement la première. J'ai ouvert une petite brèche juridique, jusqu'à présent l'édition à Luxembourg était un terme utilisé uniquement pour les livres.

Stephanie Rollin a monté en 2010 Super-ette, petite maison d'édition luxembourgeoise de mobilier. Après avoir croisé dans de nombreux magazines son fauteuil Cocon, la lampe Foret illuminée et l'horloge Jean, nous avons voulu rencontrer cette jeune femme pleine de projets, pour qui l'année 2012 débutera sur les chapeaux de roue...

à l'échelle dans laquelle je me trouve. Et c'est aussi au contact des usines, des artisans que les idées naissent, c'est en échangeant, en apprenant sur les processus de fabrication que l'on développe un projet pertinent. Cela donne lieu à des moments magiques. J'ai vu souffler par exemple la première pièce pour l'horloge de Pierre Favresse , c'était très beau, comme un ballet ! Quand les intervenants sont éloignés, avec les difficultés de communication que cela implique, à la première erreur c'est fichu...

 

Il est difficile quand on est un jeune éditeur d'avoir bonne presse, de se faire connaître ?

J'ai eu la chance de rencontrer l'agence de presse Duende PR. C'est plus qu'une agence, c'est aussi un gage de qualité. J'ai aussi croisé les bonnes personnes : quand on voit le dernier sondage nouveaux talents de L'Express, dans la catégorie design, tous les designers Super-ette sont présents!

 

Vous n'avez jamais douté pendant cette première année ?

Je doute plutôt avant de faire les choses. Une fois que la machine est lancée, je n'ai plus le temps, j'y vais à fond ! J'ai eu cette inconscience de lancer une maison d'édition, mais je pense que j'ai assez de passion en moi pour tenir mon pari. J'y consacre tout mon temps : j'ai plusieurs casquettes, la recherche, la production, la communication, la distribution… J'arrive à en vivre au bout d'un an car je gère cela encore "presque" toute seule !

 

Votre première édition est le fauteuil Cocon du duo Les M : comment s'est passée la première rencontre ?

C'est une rencontre géniale : Céline Merhand du tandem les M, vit à Luxembourg. Les M ont réalisés plusieurs projets avec le MUDAM, et j'ai tout de suite vu leur fauteuil Cocon, qui était encore à l'état de prototype. Il était adorable, confortable mais loin d'être terminé.

Le défi était de transformer ce projet d'étudiant en objet à produire et à vendre au meilleur prix.

 

Combien de temps met un produit à voir le jour ?

Cela dépend. Pour le fauteuil Cocon, le prototype était avancé, mais il a fallu repenser l'assise, le rendre solide, faire des tests, repenser les proportions, trouver les meilleurs matériaux, cela a pris 7 mois.

 

Avec quel type de partenaires travaillez-vous ?

Certains viennent de l'artisanat, mais la plupart proviennent directement de l'industrie. La couture se fait dans un atelier de confection du Nord de la France, d'autres parties en Belgique ou encore au Luxembourg. Les bulles de verre de l'horloge Jean se font en Suisse, avec un souffleur génial, Matteo Gonet.

 

Privilégiez-vous la production locale ?

J'essaie le plus possible. Tout est fait en Europe, j'y tiens absolument. C'est plus simple,

Restaurant La Villa, Paris © Eric Laignel

Forêt Iluminée de Ionna Vautrin

24 novembre 2011

TEXTE : Marine Normand

PHOTOGRAPHIES : DR

Comment vous êtes vous lancée dans l'édition de design ?

J'ai fait des études de design et d'art, monté une galerie avec d'autres étudiants où j'ai appris la production, la vente et la médiatisation de pièce d'art. J'ai ensuite travaillé 4 ans au MUDAM, le Musée d'Art Moderne Grand-Duc Jean de Luxembourg. Il a été ouvert par Marie-Claude Beaud, qui a brisé les barrières entre mode, art et design : je suis tombée au bon moment! Cette rencontre est le vrai déclic. J'ai toujours adoré évoluer au milieu des objets d'art ou de design, voir comment ils sont pensés, fabriqués, comprendre leur

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© Julien Becker