Une des plus grandes écoles de design de la planète, l'ECAL, présentait au Salon du Meuble de Milan une série de projets détournant le célèbre verre Harcourt de Baccarat. Un moment de grâce... et d'impertinence.
L'Ecole Cantonnale d'art de Lausanne accueille depuis 2008 un Master en Design et Industrie du Luxe qui permet à ses étudiants de rentrer en contact privilégié avec les grandes marques de luxe : les jeunes créatifs sont confrontés au savoir-faire de grandes maisons historiques comme Baccarat, Bernardaud ou encore Christofle qui leur ouvrent leurs portes et leur donnent les secrets de leur excellence.
Au bout de quelques mois, il présentent une série de produits autour d'une thématique, sous l'oeil avisé de designers qui se muent en professeurs et accompagnateurs de talents. Cette année, c'est le duo anglais composé de Ed Barber et Jay Osgerby qui chapeaute le travail des étudiants de l'ECAL avec Baccarat (présent au Palazzo Morando ), avec pour thématique les 170 ans du verre Harcourt, un des classiques de la marque.
Les 5.5 designers à travers la collection Apparat en 2008 s'étaient déjà essayé à 'pimper' le verre Harcourt, jouant graphiquement sur la forme iconique de la série. Les élèves de l'ECAL vont plus loin pour notre plus grand bonheur détournant la fonction du verre tout en préservant sa jolie intégrité. Comme des options, des nouvelles possibilités, un univers ludique et décalé, ultra-créatif et drôle, se déploie dans cette série d'objets autour du jeu et des usages. Ainsi Decha Archjananun propose carrément un bilboquet flirtant sérieusement avec la fragilité, Xin Wang un jeu d'échec noir et chic, et Fumiko Ito une sucette éternelle. Guillaume Noiseux et Sophie Depéry ajoutent au Harcourt des prothèses, détournant le verre en vase, vide poche, presse-citron ou bocal. Ces jeunes talents nous font apprécier la fragilité du cristal, sa beauté, son intemporalité par le biais de l'humour, moyen extrêmement bien choisi pour attirer notre attention avec émotion vers cette marque. Elsa Lambinet et Jessica Terrapon la subliment à travers une vision étirée futuriste du Harcourt, ou retournant le verre pour qu'il devienne un dôme protecteur d'objets de curiosité. Une bouffée de fraîcheur.
Caroline Taret
21 avril 2011
Une série irrésistible
IMP
ERTINENCE
dECALé
ECAL / BACCARAT
STUDIO JOB
ET LE JOB LOUNGE
Play, ECAL/Decha Archjananun
Toutes les photographies ECAL/Julien Chavaillaz
Hats, ECAL/Sophie Depéry
Jars, ECAL/Guillaume Noiseux
Dome, ECAL/Jessica Terrapon