PARIS
ENTRE COUR ET JARDIN
Une exposition à la Cité de l'Architecture et du Patrimoine est consacrée aux hôtels particuliers, des demeures qui portent bien leur nom...
Quand on arpente les trottoirs parisiens, il est impossible de les manquer. Pourtant, ils semblent faire tout leur possible pour se confondre avec les immeubles haussmanniens et autres constructions qui les entourent. Leur façade est à chaque fois discrète, jouant avec l'environnement extérieur et l'on passe rapidement, quelquefois sans les remarquer, devant ces grandes ouvertures à la cour intérieure qui semblent receler des secrets dignes d'un jardin anglais. Souvent situé au cœur de Paris, mais aussi dans le XVIème et le
17 octobre 2011
TEXTE : Marine Normand
Le XIIIème siècle a ainsi vu apparaître le premier hôtel particulier, dont on ne garde aucune trace matérielle, aucune des deumeures privées de ce type n'ayant subsisté avant le Xvème siècle (les vestiges les plus anciens sont ceux de l'hôtel de Cluny). Il connait son Âge d'Or sous François Ier, et se développe rapidement, devenant indispensable pour celui qui souhaite être vu. L'époque de Louis XIII a vu une constante augmentation de ces demeures urbaines, que se chiffre à prèsde 2000 à l'époque. Le Xxème siècle scelle sa fin, la dernière construction parisienne, le Palais Rose, datant de 1900. Aujourd'hui aux alentours de 400 dans Paris intramuros, ils sont historiquement réservés à une élite... Signe extérieur de richesse et de réussite, l'hôtel particulier avait pour but de permettre de se loger, avec sa famille et son personnel, près des affaires courantes, mais aussi du roi et plus tard, des détenteurs du pouvoir. Il fallait voir, mais, surtout, être vu.
Signe extérieur de richesse
XVIIème arrondissements, l'hôtel particulier n'a cessé de faire rêver les anciens et nouveaux Parisiens partis à la conquête de la capitale. Théâtre de bon nombre de décisions historiques et personnelles, il est dorénavant sièges officiels, ministères (Matignon, Elysée), musées, ou encore demeure luxueuse de propriétaires chanceux. Un endroit qui se dévoile cet hiver à la Cité de l'Architecture et du Patrimoine...
C'était aussi l'écrin parfait pour celui qui voulait paraître. L'hôtel particulier était le témoin en trois dimensions de la richesse de son propriétaire. Souvent coincé entre la cour et le jardin, et sur plusieurs étages, le bâtiment tentait d'être modeste à l'extérieur, pour ne pas attiser les convoitises. A l'intérieur, on se permettait toutes les excentricités pour impressionner les invités. Ces derniers arpentaient les pièces souvent en enfilade, traversant pièces de réception, patientant dans les antichambres en attendant d'être reçu par les grands acteurs de l'Histoire.
A LIRE
Néanmoins, sur les six siècles qui ont vu naître les nombreux hôtels particuliers parisiens, les styles se sont succédés, et s'y sont mélangés. Parfois, certaines demeures manquent de cohérence, mais constituent un témoignage des matérialisations fantasques de leurs habitants, du riche commerçant fluvial à la cocotte des romans d'Émile Zola. Aujourd'hui, ils restent des clichés éparses des goûts de l'époque mélangeant souvent tous les styles, Renaissance, Baroque, Gothique, dans un éclectisme qui manquera parfois de finesse, mais jamais de surprise.
La Cité accueille ainsi quatre maquettes montrant l'évolution des hôtels particuliers, et présente plus de 300 documents de cette quasi-exception Parisienne. Elle permettra aux habitués des faubourgs Saint-Germain ou Saint-Honoré ainsi qu'aux curieux de la plaine Monceau de découvrir les mystères de ces adresses somptueuses. Une reconstitution d'une partie d'un hôtel particulier sera même présente à l'intérieur de la Cité . A vous de jouer au Bel-Ami de Maupassant, ou à la Nana de Zola...
À
VOIR
L'hôtel Particulier, une ambition parisienne
Du 5 octobre 2011 au 19 février 2012
à la Cité de l'architecture & du patrimoine -
Palais de Chaillot
1 place du Trocadéro, 75016 Paris
Paraître
A VOIR
Hôtel de Lassay : Salon des saisons © Gilles Targat
Hôtel de Soubise, vue de la cour © Caroline Rose
Hôtel de Camondo, façade sur jardin © Caroline Rose
Hôtel de La Vrillière, Galerie Dorée © Caroline Rose
Le grand escalier d’onyx de l'hôtel de La Païva © Gilles Targat
Hôtel de Beauharnais, décor intérieur © Caroline Rose
Hôtel de Beauharnais, décor intérieur © Caroline Rose