Après le Pradey, un nouvel hôtel a ouvert récemment ses portes au cœur de Paris. Situé dans le huitième arrondissement, rue de Surène, l'hôtel du Ministère n'a d'institutionnel que son nom...

Redessiné et aménagé par l'architecte d'intérieur et designer François Champsaur, ce dernier a réussi à concevoir un univers, un décor de film comme inspiré du cinéma de François Ozon : parfait pour se mettre dans la peau de Catherine Deneuve ou Fanny Ardant... Loin des adresses sans âme qui peuplent les capitales pour ne laisser aucun souvenir mémorable aux voyageurs de passage, copier coller de consœurs étrangères, l'hôtel du Ministère détonne par un

choix ambitieux d'aménagement intérieur, savant mélange de motifs, de couleurs, d'époque et de matériaux. La décoration paraît au premier abord très masculine, prônant un esthétisme proche des Penthouses de playboys new-yorkais des années 60 et 70, savant mélange de couleurs pop et matériaux nobles travaillés dans des formes simples.

GRA
PHIQUE

Le Ministère...

de l'intérieur !

À VOIR

29 Novembre 2011
TEXTE Marine Normand
PHOTOGRAPHIES Lorem Ipsum Dolor

On trouve ainsi de très beaux ouvrages réalisés en marbre de Carrare, comme un comptoir ou une table à la forme subtile, tout en rondeur. Le  bois brut et clair, très scandinave, est surligné ici par des coloris acidulés dans la tapisserie. Et l'on retrouve des fauteuils à oreilles, des canapés gris envoutants à la base moderniste, petites touches de design nordique vintage revisité à la sauce 2011. Car, même si François Champsaur a choisi un mobilier évocateur mais affirmé, le spectacle se déroule plutôt dans le traitement de la couleur. Son utilisation tonique rappelle les  comédies musicales de Jacques Demy, Les Demoiselles de Rochefort en tête, par le choix d'un nuancier plein de vie, jaune, bleu et marron en majeur, liant  toute la décoration dans un flot

multicolore. Preuve en est dans le jeu de rayures du revêtement au sol, chargé de donner une cohérence à tout l'aménagement, océan aux accents sixties très graphiques. La couleur reviendra ensuite en écho, par petites touches, confirmant régulièrement sa présence. Un fauteuil dans l'une des vingt-quatre chambres se parera du plus beau jaune canari, tandis que toutes les banquettes d'un salon à la verrière excentrique se dégraderont dans un puissant bleu Klein. Et, quand ce ne sont pas les teintes, ce sont les motifs excentriques du papier peint du couloir, ou les lithographies farfelues d'un David Lynch inspiré, qui insufflent le mystère à l'adresse. Ce courant d'air parcourt sans encombre tous les espaces, ouverts les uns sur les autres. Le décorateur a ainsi voulu permettre un déplacement plus aisé, pour diffuser au mieux l'atmosphère.

L'HÔTEL DU MINISTÈRE
31, rue de Surène
75008 Paris
http://www.ministerehotel.com

Ce courant d'air parcourt sans encombre tous les espaces, ouverts les uns sur les autres. François Champsaur a ainsi voulu permettre un déplacement plus aisé pour diffuser au mieux l'atmosphère chaleureuse qui s'en échappe. Ainsi, au rez-de-chaussée, plusieurs salons sont à disposition et communiquent, laissant entrer la lumière et les curieux. Les 24 chambres s'ouvrent partiellement ou complètement sur la salle de bain, qui s'intègre au décor comme une parenthèse douce et naturelle avant le repos. La concrétisation d'un sanctuaire coloré, cocon pop : qu'il est bon de voir la vie en jaune et en bleu, sous le ciel souvent gris de Paris...

LA VISITE PRIVÉE EN DIAPORAMA

« Quand les années 60’s jouent
 avec le nuancier 70’s  »

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