Comme à la maison
du Pradey, il sait qu'il est dans la capitale française. L'architecte Vincent Bastie, également auteur de La Belle Juliette, semble avoir créé tout l'espace en rendant hommage aux matériaux qui font Paris : la pierre grège des immeubles Haussmaniens, le zinc bleuté des toits de la ville, un clin d'oeil accentué par les vues vers l'extérieur qui donnent une impression que les murs disparaissent...
Situé au coeur du 1er arrondissement entre les hôtels de luxe, les jolies adresses mode, et les Tuileries, l'Hôtel Le Pradey constitue une ode à Paris, à l'élégance de la capitale mais aussi à l'hospitalité made in France. Une alternative aux palaces comme le Mandarin Oriental ou encore le Royal Monceau, cet hôtel confidentiel se révèle être un compromis entre la maison de famille en ville et le petit appartement chic. Un repaire à taille humaine avec 28 chambres et suites. Dès que le visiteur pousse la porte
Certains hôtels parisiens sont des petits bijoux dans lesquels se nichent des grands trésors. Ouverture ces jours-ci du Pradey, à deux pas des Tuileries avec en guest star, Chantal Thomass. Visite.
Le lobby de l'Hôtel Pradey ressemble comme deux gouttes d'eau à maison de ville, renforçant ce sentiment intimiste qui existe comme un fil rouge dans cette nouvelle adresse. Avec un espace en duplex flanqué d'un sublime grand escalier menant à une mezzanine, l'entrée met le client à l'aise, comme s'il arrivait chez des amis. Une rembarde en fer forgé imitant les balcons bourgeois de Paris, de lourds rideaux cosy, un piano attendant un joueur, une bibliothèque de coffe table books, de larges fauteuils, voici les ingrédients de ce lobby qui efface au maximum la dimension hôtel, n'imposant pas de signalétique ni de comptoir d'accueil trop imposant. Une accumulation de grands luminaires éclectique confère un soupçon de décalage à l'atmosphère, que l'on peut apprécier dans le déatil une fois à l'étage : une cage à oiseaux côtoie les sublimes gouttes en métal et or du designer britannique Tom Dixon, et une lanterne signée Diesel pour Foscarini vient unir la brillance et les fils. On dit Oui. Le Pradey invite ses clients à la vie de quartier, facilitant les échanges avec les commerçants du quartier, comme le chocolatier Michel Cluizel ou le fleuriste Au Vert et +, ou proposant un accès privilégié au Spa voisin After the Rain. Une affaire de proximité !
PA
RISIEN
Le Pradey met en scène
l'âme de Paris
Des luminaires tutu au papier-peint partition, en passant par un linge de lit de style vintage et illustré, la chambre étonne au premier abord mais devient irrésistible au fur et à mesure qu'on s'y attarde, réveillant toutes les petites danseuses qui sommeillent en nous. Mention spéciale aux traitement rétro des salles de bain, entre mosaïques, et cabochons et carreaux en forme de diamants, associés à des miroirs de style vénitien ultra-décoratifs et totalement dans l'air du temps. Chantal Thomass réalise au Pradey plus qu'un exercice de style, elle décore.
Au cinquième étage, l'architecte Vincent Bastie nous plonge en toute discrétion et subtilité dans l'univers maison d'Hermès : tout l'étage bénéficie de balcons paysagés sur les toits de Paris, entre l'église Saint-Roch et le Jardin des Tuileries. Dans le couloir, le papier-peint lie de vin à chevrons d'Hermès annonce la couleur, avant de pénétrer dans des suites qui n'en ont pas puisqu'elles jouent le monochrome beige/blanc/naturel. Dans les chambres c'est un véritable hommage à la ligne de meubles dessinée par Jean-Michel Frank dans les années 1930, qu'Hermès réédite et que Vincent Bastie met en scène au Pradey notamment
Au premier étage, changement de décor avec deux chambres pensées par la créatrice Chantal Thomass qui signe du mobilier depuis plusieurs saisons : la Cabaret rendra hystériques les Japonais qui pourront dormir dans la chambre idéale d'une la Goulue, entre panneaux décoratifs peints pastichant le rideau en velours d'un théâtre qui mène à une chambre dont le linge de lit évoque les jupons virevoltants des danseuses de cancan. A dominante rouge et parée de velours, la chambre est un réel cabinet de curioisté avec des détails bien vus allant de la petite collection de dessins et illustrations dépictant la Belle Epoque par des sainettes typiques et des dessins de chaussures façon Journal des Dames et des Modes, et papier-peint et la coiffeuse de danseuse. Juste à côté, une autre chambre de danseuse, plus classique, puisqu'elle s'inspire de l'Opéra : on a l'impression de pénétrer dans la chambre de bonne d'un petit rat, tout de rose pâle et de frou-frous vaporeux vêtue.
Glamour toujours
À VOIR
HÔTEL LE PRADEY
5 rue Saint-Roch 75001 Paris
http://www.lepradey.com/
dans la suite Le Collectionneur, ode à son mobilier en marqueterie de paille. Le lien au voyage se fait dans la suite L'Explorateur où se place le mobilier pliant dessiné par une autre figure chère à Hermès, Rena Dumas. Enfin, deux autres fondamentaux de la marque trouvent leur place au cinquième étage dans les chambres L'Ecuyère, et Les Carrés. Après l'ouverture de leur nouvelle adresse l'hiver dernier rue de Sèvres, et la présentation de la collection maison, au dernier Salon du Meuble de Milan, l'univers Hermès peut se vivre le temps d'une nuit à Paris grâce à l'évocation de la marque par l'architecte Vincent Bastie au Pradey.
Hommage au mobilier Hermès
25 Octobre 2011
TEXTE Caroline Taret
PHOTOGRAPHIES Pierre Soissons
LA VISITE PRIVÉE EN DIAPORAMA
LA VISITE PRIVÉE EN DIAPORAMA