C'est une histoire d'appartement que nous raconte l'architecte Gilles Leborgne. Un jeune couple avec deux enfants souhaite se réapproprier un appartement familial en privilégiant un style contemporain : une transition nécessaire mais qui, comme le précise l'architecte de la rénovation, 'se doit de rentrer dans la modernité sans renier le passé ni du lieu, ni des personnes'. Oublier la décoration dans laquelle on a grandit et passé des moments inombrables en famille n'est pas chose aisée. Pour se faire les propriétaires se tournent vers deux notions vitales à leur quotidien : la fluidité et l'espace, maître mots dans ce lieu à la forte charge émotionnelle. L'architecte précise qu'il est très important
L'appartement de style haussmannien retrouve avec cette rénovation ses grands espaces de réception qui sont sublimés par le blanc, le choix d'intégrer peu de mobilier, et le parti prix de préserver des éléments d'architecture originaux, qui deviennent comme des motifs, stigmates du passé du lieu : les corniches se redessinent, les grandes ouvertures appellent l'air et la circulation, et un bow window qui se trouvait sur la cour dont l'acier patiné datait des années 1930, réapparaît. Le jeu de proportions haussmannien semble reprendre ses droits grâce à une intervention subtile comme si les intentions originelles étaient en vérité celles-ci. La vie moderne impose la configuration, sublimant l'espace cuisine comme un lieu à voir plutôt qu'à cacher au fond d'un couloir : séparée par une paroi évoquant le fameux bow widow et ses montants en acier patiné, la cuisine ouvre naturellement sur une salle à manger industrielle et un grand salon cosy. Une enfilade valorisant l'open space gage de fluidité et de perspective. Ce même
Haussmann Contemporain
La décoration de l'appartement, comme l'intervention architecturale, joue la subtilité. Une forme d'évidence lorsque l'on se penche sur ce qui se fait en décoration aujourd'hui mais qui s'incrit parfaitement dans le lieu. Des meubles aux lignes épurées, dessinées, graphiques se positionnent dans l'espace pour générer des zones de convivialité : la cuisine avec son îlot sobre blanc et laqué se marie parfaitement avec le noir laqué des placards et ce sol en dalle grises. Tabourets de bar et luminaires contemporains trouvent leur place et dynamisent l'ensemble. Dans la salle à manger, c'est le pur style industriel qui épouse la mouvance scandinave autour d'une table ultra-sobre : luminaires industriels et chaises signées Charles et Ray Eames s'accordent avec d'autres trouvailles vintage nordiques comme cette enfilade 1960 et des chaises qui pourraient bien être issue du crayon d'Arne
Jacobsen. Dans l'espace salon, même idée de juxtaposer en douceur des influences modernes avec le canapé gris perle très actuel, avec des fauteuils d'inspiration bourgeoise, et des tables basses qui font le lien comme des pastilles délicates. Un élément architectural vient animer à son tour le salon, véritable coup de coeur stylistique et pratique de l'appartement : l'architecte a dessiné un long meuble qui se pose sur le mur, véritable jeu de niches et de portes coulissantes, pièce unique réalisée sur mesure qui décline le principe de l'enfilade scandinave, clin d'oeil à l'exemplaire vintage de la salle à manger. L'architecte transcende les influences, dans l'espace comme dans le choix du mobilier.
À VOIR
15 Novembre 2011
TEXTE Caroline Taret
PHOTOGRAPHIE ID associés architecture intérieure
d'instaurer un climat de confiance et un dialogue très ouvert pour répondre au mieux aux besoins et envies de ses clients, mais dans ce cas précis la vigilance est encore plus forte. 'Nous ne sommes pas des dictateurs de la décoration ! En tant qu'architecte d'intérieur, on ne doit jamais perdre de vue la finalité de notre intervention qui est que l'occupant soit bien dans son intérieur'. Cette confiance est bien résumée dans la phrase que l'architecte a reçue des propriétaires lors de son brief 'Vas-y Gilles !'. Une motivation pour aller vers une certaine délivrance, une transition douce qui passe par l'architecture intérieure.
esprit se distille dans tout l'appartement où le blanc domine pour mettre un avant un fabuleux parquet, véritable motif en bois.
Pas de couleur ? Gilles Leborgne précise qu'un des fondamentaux de son agence est de promouvoir les gens et l'art, d'où la création et la préservation d'une base neutre pour mettre en valeur des tableaux, des pièces de design et bien sûr... les habitants. Cet appartement constitue un écrin idéal pour ce désir de mettre en avant l'humain. 'De plus j'ai le sentiment que l'on se lasse de la couleur surtout dans les intérieurs privés. Il ne faut pas céder à la mode, mais voir sa décoration intérieure comme une petite robe noire'. Votre appartement est représentatif de votre style. On ne peut pas être plus d'accord avec l'approche de Gilles Leborgne : une base neutre et forte permet toutes les évolutions, et contrairement aux idées reçues, laisse la place à la modernité.
Vintage industriel
LA VISITE PRIVÉE EN DIAPORAMA
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'Nous ne sommes pas des dictateurs de la décoration ! En tant qu'architecte d'intérieur, on ne doit jamais perdre de vue la finalité de notre intervention qui est que l'occupant soit bien dans son intérieur'.
Gilles Leborgne
Gilles Leborgne, architecte au sein de l'Agence ID.Associés, décrypte son intervention dans un appartement typiquement haussmannien dans le 17eme arrondissement de Paris. Objectif : moderniser l'intérieur tout en respectant l'histoire familiale du lieu.
Une réussite.